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On a testé l'Eko Core 500

Par Sebastian Stonier et Alessandro Licata
Test • Santé connectée

On a testé l'Eko Core 500 : le stéthoscope numérique qui réinvente l'auscultation

Plébiscité outre-Atlantique, débarqué en Europe il y a tout juste un an, l'Eko Core 500 promet une auscultation amplifiée 40 fois, un ECG 3 dérivations intégré et des rapports PDF générés à la volée. On l'a confié à Sebastian, vétérinaire de formation et accessoirement testeur produit chez Médipost.

Par Alessandro Licata & Sebastian Stonier Publié le 29 avril 2026 ⏱ Lecture : 7 min 💬 0 commentaire
Alessandro Licata et Sebastian Stonier testant l'Eko Core 500 dans les locaux Médipost
Alessandro Licata (à gauche) et Sebastian Stonier (à droite) lors du test de l'Eko Core 500 dans les locaux de Médipost.

Cela faisait un moment qu'on entendait parler de lui. Lancé aux États-Unis il y a deux ans, où il s'écoule à un rythme soutenu, l'Eko Core 500 n'est arrivé sur le marché européen qu'il y a un an. Et autant dire que beaucoup de praticiens l'attendaient au tournant.

Pour comprendre ce que vaut vraiment ce stéthoscope nouvelle génération, on a passé le relais à Sebastian Stonier, business developer chez Médipost et habitué de nos crash tests santé connectée. Il l'a glissé autour du cou pendant plusieurs jours ; on en a tiré une discussion à bâtons rompus.

💡 Envie de connaître le prix ou la fiche technique exacte ? Tout est détaillé sur la fiche produit officielle de l'Eko Core 500 chez Médipost.

« La lyre est en réalité un tube vide »

Alessandro : Sebastian, première impression quand on a sorti l'Eko Core 500 de sa boîte ?

Sebastian : Honnêtement ? Il ressemble à un stéthoscope. C'est ça qui est troublant. On s'attend à un objet futuriste, et on a devant soi un appareil en gris métallisé avec une lyre noire, plutôt élégant, qui pourrait passer pour un stéthoscope classique haut de gamme à dix mètres. Mais c'est en trompe-l'œil : tout est numérique à l'intérieur.

Alessandro : Tout est numérique, c'est-à-dire ?

Sebastian : La lyre, c'est-à-dire les deux tubes qui descendent vers les écouteurs, est en réalité un tube vide. Mais attention, vide ne veut pas dire inerte : il s'agit d'un tube électronique. Imaginez une version filaire d'écouteurs intra-auriculaires, sauf que le câble passe par la silhouette d'un stéthoscope classique. Aucun son acoustique n'y circule. Le pavillon, lui, fait tout le boulot : il numérise l'audio, et il l'envoie aux écouteurs via un connecteur jack. C'est quasiment de l'esthétique. La preuve : on peut détacher la tête du stéthoscope et la connecter à des AirPods en Bluetooth. Eko a fait le choix de garder la silhouette d'un stéthoscope classique pour ne pas dérouter les praticiens, mais techniquement, la lyre n'est plus indispensable.

Triptyque du pavillon Eko Core 500 : vue de face, vue de profil et électrodes ECG
Le pavillon de l'Eko Core 500 sous toutes ses coutures : l'écran LCD à gauche, le profil au centre, et les trois électrodes ECG intégrées à droite.
« On peut littéralement ausculter avec juste la tête du stéthoscope dans la main et des AirPods dans les oreilles. C'est déroutant la première fois. »
— Sebastian Stonier

Alessandro : Et au niveau du poids ? On sent la différence ?

Sebastian : 186 grammes sur la balance, dont 88 pour le pavillon seul. C'est un peu plus lourd qu'un stéthoscope classique, oui. Mais on ne le sent pas autour du cou. Au bout de quelques heures, on oublie qu'on le porte.

Prise en main : si on sait utiliser un smartphone, on sait utiliser l'Eko

Eko Core 500 utilisé sur un patient, écran LCD affichant l'ECG
L'écran LCD du pavillon affiche directement le tracé ECG, sans passer par l'application.

Alessandro : Beaucoup de praticiens ont une relation conflictuelle avec la tech. Ils vont s'y retrouver ?

Sebastian : Sans hésitation. C'est franchement ergonomique. Si on sait utiliser un smartphone, on sait utiliser l'Eko Core 500. L'appariage Bluetooth est rapide, la connexion est stable. Sur plusieurs jours d'utilisation, on n'a eu aucune perte de signal. Et même sans ouvrir l'application, le pavillon dispose d'un petit écran LCD couleur qui affiche directement le tracé ECG. On peut se faire une première idée sans sortir le téléphone.

Alessandro : Et l'autonomie ?

Sebastian : 60 heures annoncées, charge en USB-C. En pratique, ça veut dire plusieurs jours d'auscultation sans toucher au câble. Pour quelqu'un qui enchaîne les gardes en clinique, c'est confortable.

L'ECG 3 dérivations : là où l'Eko prend une vraie longueur d'avance

Alessandro : On arrive au gros morceau. L'argument de vente, c'est l'ECG intégré.

Sebastian : Et il faut le contextualiser. Sur le pavillon, on trouve trois capteurs ECG intégrés directement dans la membrane. Ce qui permet une analyse de trouble du rythme en 3 dérivations. Jusque-là, ce n'est pas inédit : d'autres appareils le font. Là où l'Eko fait la différence, c'est dans la manière de réaliser l'examen.

Alessandro : Tu peux développer ?

Sebastian : L'application guide le praticien. On lance l'examen, et elle indique, en image et avec des consignes claires, où placer le stéthoscope. On enchaîne quatre zones successives. Pour un professionnel pressé, c'est une garantie de ne pas se planter sur la méthodologie. Et au bout du compte, l'examen complet a duré moins d'une minute.

📢 Amplification x40. L'Eko amplifie le son jusqu'à 40 fois et offre une pureté sonore qui se mesure aux meilleures références du marché, dont le Master Cardiology de chez Littmann. Un argument majeur en environnement bruyant, où l'auscultation classique atteint vite ses limites. Pour les caractéristiques techniques détaillées, voir la fiche produit officielle.

Alessandro : Et la qualité sonore ? Parce qu'amplifier, c'est bien, mais si on amplifie aussi le bruit ambiant…

Sebastian : Justement, c'est là que ça devient intéressant. La pureté du son est comparable à un Master Cardiology de chez Littmann, ce qui n'est pas peu dire. C'est une référence qu'on connaît bien chez Médipost. Et l'amplification x40, combinée à la réduction active du bruit, change la donne dans des environnements hostiles. On pense aux services d'urgence vétérinaires, aux structures hospitalières où plusieurs animaux cohabitent et génèrent du bruit, ou tout simplement aux confrères qui commencent à perdre en acuité auditive avec l'âge. Ils sont nombreux à ne pas oser en parler.

Le rapport PDF : l'argument auquel on ne s'attendait pas

Application Eko+ sur iPhone affichant les tracés ECG et phonocardiographique
L'application Eko+ affiche les tracés ECG et le phonocardiogramme en temps réel. Tout est exportable en rapport PDF de 9 pages.

Alessandro : Tu as testé la génération de rapport. Raconte.

Sebastian : J'ai créé un patient fictif dans l'application, lancé un examen, suivi les indications sur les quatre zones. Une minute plus tard, l'app sort un rapport de 9 pages. On l'exporte en PDF, on l'envoie par mail, c'est plié. Et ce n'est pas un rapport bidon : il intègre le diaphragme phonique de l'auscultation pulmonaire et cardiaque, plus le tracé ECG, plus une interprétation. Le tout assorti d'une petite surcouche d'IA pour améliorer les tracés et orienter l'analyse. C'est en option, via l'abonnement Eko+.

Alessandro : Le PDF est statique ou il y a quelque chose en plus ?

Sebastian : Il y a une vraie astuce : à l'intérieur du PDF, on trouve un lien cliquable qui ouvre une page web où l'on peut réécouter l'enregistrement audio de l'auscultation. C'est inattendu. On envoie le rapport à un confrère spécialiste, il clique, il entend ce qu'on a entendu. Pour un avis à distance, c'est précieux.

« C'est ce qui transforme l'Eko Core 500 d'un stéthoscope amélioré en véritable outil de télémédecine. »
— Sebastian Stonier

Verdict : pour qui, pour quoi ?

Alessandro : Si tu devais le recommander à un confrère, tu lui dirais quoi ?

Sebastian : Ça dépend du profil. L'Eko Core 500 est un excellent compromis pour quatre cas d'usage. D'abord ceux qui recherchent une vraie amplification de son. Ensuite ceux qui veulent un stéthoscope et un ECG dans le même appareil. Gain de temps, gain de place, gain de logique. Troisième profil : ceux qui veulent garder un historique patient sur leur smartphone, avec tracés audio et rapports PDF archivés. Et enfin les services d'urgence ou de garde, où la combinaison auscultation + ECG est précieuse en première intention.

Alessandro : En résumé ?

Sebastian : L'Eko Core 500 prend tout son sens dès lors qu'on s'inscrit dans son écosystème. C'est un outil pensé pour les praticiens qui veulent enrichir leur pratique avec des données objectivables, partageables et archivables. Il vient compléter l'offre des grandes références du marché plutôt que les remplacer : chacun son usage, chacun son terrain.

✓ On a aimé

  • L'amplification x40, redoutable en environnement bruyant
  • L'ECG 3 dérivations guidé par l'application
  • Le rapport PDF de 9 pages avec lien audio cliquable
  • L'écran LCD couleur sur le pavillon, qui évite de sortir le téléphone
  • L'autonomie de 60 heures, USB-C
  • La prise en main accessible, même pour les réfractaires à la tech
  • Le design sobre qui ne rompt pas avec les codes du métier

✗ On a moins aimé

  • Légèrement plus lourd qu'un stéthoscope classique (186 g)
  • Les fonctions IA d'analyse nécessitent l'abonnement Eko+ payant
  • L'écosystème complet ne révèle son intérêt que via l'application
  • La lyre purement esthétique pourra dérouter les puristes
Notre verdict
Le premier vrai stéthoscope du XXIe siècle.

L'Eko Core 500 n'est pas un gadget. C'est un outil de travail qui change la pratique pour les profils tech-friendly, les services de garde et les praticiens exigeants sur la qualité sonore. Un excellent compromis dès lors qu'on est prêt à embrasser son écosystème.

8.5/10
★★★★
Envie de passer à l'Eko Core 500 ?

Pour découvrir le prix, la disponibilité et l'ensemble des caractéristiques techniques dans le détail, rendez-vous sur la fiche produit officielle.

Voir la fiche produit chez Médipost →
📋 Fiche technique complète
Audio : Technologie TrueSound™, amplification jusqu'à x40, réduction active du bruit, x8 vs stéthoscope traditionnel, Bluetooth 4.2 LE.
ECG : 3 dérivations, plage 0,1 à 250 Hz, 3 électrodes intégrées au pavillon.
Affichage : Écran LCD couleur intégré.
IA : Détection des souffles structurels et de la fibrillation auriculaire (abonnement Eko+).
Pavillon : Membrane silicone accordable Ø 3 cm, casque aluminium anodisé, IP44.
Batterie : Lithium-ion, jusqu'à 60 h, recharge USB-C, arrêt automatique.
Format : Tube vinyle, connecteur TRS, écouteurs intra silicone.
Poids : 186 g (dont 88 g pour le pavillon). Longueur : 69 cm.
Sortie : Génération de rapports patients exportables en PDF.
AL
Alessandro Licata
Marketing chez Médipost. Accessoirement journaliste tech.
SS
Sebastian Stonier
Business developer chez Médipost, vétérinaire de formation. Accessoirement testeur produit.

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